samedi 24 avril 2010

Ca m'énervvvve !

Vous en avez marre de ces photos exotiques, pleines de chaleur, de langueur, d'animaux extraordinaires ? Vous vous demandez où est la Noémie que vous connaissez, celle qui se plaint, râle, boude, est intolérante ? Ne vous inquiétez pas, elle existe toujours ! C'est vrai que pour un blog, il est toujours plus sympa de montrer des jolies photos et de raconter tout ce qui va bien, mais je suis sûre que vous commencez à vous lasser.

Alors pour satisfaire votre curiosité, j'ai décidé de vous faire une petite liste de tout ce qui m'énerve ici :
1. Aisément, en première position : ne pas avoir internet (bon ok, depuis 2 ou 3 semaines, je capte assez bien le wifi d'un voisin, mais c'est quand même très aléatoire, et en accro que je suis, je peux passer 2 heures à essayer de me connecter sans succès, ce qui est quand même, vous en conviendrez tous, une considérable perte de temps), et surtout, ne pas avoir le droit de déménager pour remédier au problème !

2. L'absence complète de magasins de vêtements potables. Etam, l'unique magasin où l'on trouve des fringues assez bien coupées, d'assez bon goût, voire in, à Cayenne, est devenu ma Mecque, c'est dire ! Je connais l'ensemble de la collection par cœur, j'y vais même en sachant que j'ai déjà acheté ce qui me plaisait et que donc je ne vais rien trouver. En sortant, je fais quand même un tour dans le centre-ville à la recherche d'un autre magasin, mais à part Petit Bateau où j'ai acheté mes t-shirts de sport... RIEN. Pour les chaussures, c'est pire, il n'y a que... Bata ! où j'ai fini par trouver des chaussures acceptables, mais qui n'existaient qu'en 36 et 37 (ça, c'était aujourd'hui, et j'en ai toujours les larmes aux yeux). J'attends donc impatiemment mon retour en France pour 2 semaines en août pour faire le plein. Le point positif, c'est pour mes finances. Je crois sincèrement que je n'ai jamais autant peu dépensé de ma vie.

3. L'absence complète de librairies dignes de ce nom. Ce n'est pas encore trop gênant puisque j'ai emporté pas mal de livres que je n'ai pas encore tous lus, mais j'aime bien flâner dans les librairies, même sans rien acheter, ou en choisissant un auteur inconnu sélectionné par le libraire et qui me fera arrêter tous mes autres livres en cours.

4. Les cafards. Il y en a même dans les bars ! Chez moi, j'ai fini par régler le problème en pschittant de l'anti-cafards toutes les semaines sur toutes les portes et fenêtres. Du coup, j'en trouve encore, mais morts, sur le dos, vision à la fois dégoûtante et étrangement satisfaisante.

5. Les soirées qui commencent à 23h. Ceux qui me connaissent savent bien que si on ne m'appelle pas avant 20h30, pour un rdv au plus tard à 21h30, sortir de chez moi est un énorme effort. Malgré la chaleur (qui incite plus à sortir que les hivers parisiens), il fait nuit tôt ici, et mon petit corps se règle tout de suite en mode "nuit".

6. La pluie qui se met à tomber à 7h15 alors que je dois partir au bureau à 7h20, et qui décide de ne pas être juste une grosse averse de 3 minutes, mais une loooongue pluie qui me force à sortir avant qu'elle soit finie, abîme mes chaussures (que je ne peux pas renouveler, cf. point 2) et trempe mes vêtements.

7. Les prix. Comme vous avez dû l'apprendre l'année dernière, lors des grandes grèves dans les départements d'outre-mer, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en métropole, puisque tout est importé de France. Les fonctionnaires mutés ici, qui ont un salaire 40% plus élevé qu'en métropole pour répondre à cette différence de prix, n'y voient pas vraiment de problème, mais nous, pauvres VCAT (volontaire civil à l'aide technique, un statut qui donne droit à une "indemnité" (et non un salaire) assez basse (heureusement que certains employeurs, comme le mien, prennent en charge le logement)), nous souffrons grandement. Nous sommes donc de grands clients de Leader Price et Ecomax pour éviter le fromage de chèvre à 6 euros. Il y a heureusement quelques produits importés des Etats-Unis qui sont assez peu chers (le beurre de cacahuètes est à 2 euros, contre 6 à Paris), et bien sûr le marché, où l'on trouve moult produits locaux (il faudra que j'en prenne des photos à mettre sur ce blog). Heureusement, grâce à mon incapacité à dépenser de l'argent en vêtements et livres, je peux me permettre de dépenser plus en nourriture. Finalement, les choses s'arrangent assez bien d'elles-mêmes.

Voilà pour l'instant, j'espère que vous avez apprécié ce moment "la vie pour de vrai à Cayenne".
Je voulais aussi répondre à quelques questions posées par mail :
- Je suis ici pour un contrat d'un an renouvelable une fois, donc un an ou 2, ou entre les 2 puisque je peux renouveler mon contrat pour la durée que je veux (si mon employeur est d'accord).
- En tant que grande frileuse, je supporte très bien la chaleur, sauf mes jambes (problèmes de circulation) qui réclament leur dose de vigne rouge quotidienne et tous les coussins de mon canapé sous mon matelas pour dormir les jambes surélevées.

4 commentaires:

  1. Ah, enfin la vraie Noémie...Je commençais vraiment à flipper que tu aies changé! Te revoilà exactement comme on t'aime!
    Conseils pour un autre billet sur le même thème : l'absence de restaurant japonais, la quasi-absence de ciné et un petit couplet sur "mes cops et anciens collègues me manquent terriblement" seraient de bon ton. Bises

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  2. Excellent ce post, à chaque fois, je t'imagine parfaitement dans la situation !
    Les boutiques de fringues et les librairies n'ont plus qu'à attendre le mois d'août pour voir la fin de la crise, Noémie revient faire du stock!!
    Continues de nous donner des nouvelles exotiques et râleuses, ça donne le sourire !
    Bises

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  3. Hello,
    de passage en provenance du blog de Marie, je retrouve deux aspects prédominants de l'image que j'ai de toi : râleuse et aventurière :)

    Continue comme ça !

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  4. Ouiiii Hélène, mes ex-collègues me manquent : ici les pauses café ne durent que 30 minutes et elles servent à parler d'économie internationale et d'efficacité de l'aide au développement (ça ne devrait même pas s'appeler "pause").

    Marich, plutôt que de traîner sur mon blog, t'as fini ta thèse ? Non en fait je suis contente d'être une bonne distraction ! bon courage !

    Nicolu, contente de t'avoir comme lecteur de passage. Il faut vraiment que je mette ton blog dans mes favoris pour y aller plus souvent...

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